Le Grand prix de l'Arc de Triomphe -Sizun 2007




La vie de l'auto N° 1278 du 26 juillet 2007

Entrez dans la ronde

Sur la grille de départ, la concentration des pilotes est maximale. Les cyclecars diffusent les vapeurs d'un doux parfum d'huile de ricin. Coiffé d'un casque de cuir, Rémi Malbron, de Villedieu-les-Poëles est au volant de son Amilcar CGSs : "Elle sort de 7 ans de restauration, le plus difficile a été de rassembler un maximum de pièces authentiques. Une quête à laquelle nombre d'amis cyclecaristes ont apporté leur contribution. En me rendant à Sizun, mon couvre tonneau a pris la poudre d'escampette entre la Normandie et la Bretagne, sans que je m'en rende compte. Sans trop y croire, j'ai alors lancé un SOS auprès des participants qui allaient emprunter mon itinéraire. Quelques heures après mon arrivée, j'ai eu la surprise de la récupérer grâce à l'oeil de lynx de mon ami François Etienvre."
Précédés d'un pace-car pour leur premier tour de piste, les bolides sont maintenant lâchés. La CGSs de Rémi se mesure à la CGS de son ami François. Après quelques minutes de lutte acharnée, les Amilcar sont rattrapées par l'une de leurs plus farouches concurrentes de l'époque, la BNC 527 de Christophe Marchadour. Un engin à l'historique limpide, qui a couru sur le circuit de Périgueux. Sur ce même plateau, quelques sportives des années 50 se sont jointes au groupe. En provenance du Puy-de-Dôme, Pierre Duprat assure le spectacle avec une barquette très originale sur châssis Panhard. "Construite en aluminium, la carrosserie de cette voiture est constituée de deux demi réservoirs d'avion. Ce modèle a été construit à six exemplaires seulement par un artisan suédois. Ces barquettes étaient destinées à participer aux courses sur glace. J'ai découvert celle-ci en Suède lors d'un déplacement professionnel."



Une barquette racée

Une magnifique barquette crée la surprise par ses performances. Michel, son propriétaire tourangeau, nous éclaire sur cette auto racée : "Elle porte le nom de ses constructeurs, deux passionnés jurassiens : Pierre Caron et Paul Bouvot. C'est un exemplaire unique, que nous avons restauré sur deux ans à partir d'une épave. Elle utilise une mécanique de Simca 8 très affûtée. Ses lignes sont dues au talentueux Paul Bouvot, qui assurera quelques années plus tard la direction du style de la firme Peugeot."
Après 20 minutes de spectacle intense, le plateau rentre aux paddocks pour laisser place aux Alpine A110, Matra Djet et autre R8 Gordini s'offrent alors un concert de pots d'échappements Devil dans les rues encaissées de Sizun.
Grand prix oblige, Christian Léger a sorti de ses réserves une berlinette Alpine. Sur ce circuit improvisé en plein bourg, altérnant pavés et enrobé, le pilote brestois nous a offert une époustouflante démonstration, sans jamais franchir les limites du raisonnable.
Redoublement efficace et elle aussi pilotée avec brio, la Matra Djet 5 des Métais n'amuse pas le terrain. Elle tient la dragée haute à un certain nombre de ses consoeurs dieppoises. Un plateau à sensations, où les glissades de ces "tout à l'arrière" ont suscité de nombreux applaudissements en bordure de piste.

La France des circuits en MEP

C'est maintenant au tour des monoplaces, qui semblent piaffer d'impatience. Gilbert Ramonet, l'une des chevilles ouvrières de l'événement, prend la tête du plateau avec sa MEP X27. A ses côtés, Christian Gourdel s'amuse aux commandes de sa MEP X2 à moteur Panhard. "Je cours avec depuis près de 20 ans. J'avais une Dyna junior étant jeune, je rêvais d'un DB Monomill. Tout ce que l'on me proposait à l'époque était passablement modifié. Je mes suis alors tourné vers ces monoplaces albigeoises. C'est une auto très attachante, avec laquelle j'ai toujours plaisir à parcourir la France des circuits". Un plateau sympathique, où les pilotes sont avant tout présents pour les sensations que procurent leurs racers, MEP et autres Formules Vé. Jacques Massiquet est très spectaculaire au volant de sa Bora à moteur VW, une auto construite et conçue par Claude Bonnet fils de célèbre pilote et constructeur René Bonnet. Comme tous les pilotes ici présents, Jacques est très souriant à son retour aux stands. "Sizun est très amusant. Les pilotes sont très corrects sur la piste !"
Le dimanche matin, des trombes d'eau incitent les pilotes à ralentir quelques peu la cadence.

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