La Formule bleue


1969 - Début du Criterium national de la Formule bleue disputé en circuit sur monoplace MEP X2.


En mars 1968, 20 monoplaces MEP X2 sont offertes par Citroën à la Fédération française des clubs automobiles.

Maurice-Emile Pezous, ingénieur des Arts et Métiers, concessionnaire Citroën à Albi, dessine en 1965 les plans d'une monoplace pour l'initiation des jeunes à la compétition en circuit. Il la baptise de ses propres initiales. Mais cette première MEP, ainsi que le lui confirme le pilote Maurice Trintignant après essai du prototype, souffre du manque de puissance (25 ch) du moteur 600 cm3 de l'Ami 6 dont elle est équipée. Pezous le remplace par le moteur 848 cm3 (60 ch) de la Panhard 24 CT. Dotée d'un châssis tubulaire portant une carrosserie légère en polyester moulé, d'une boîte de vitesses et de quatre freins à disque Citroën, cette monoplace MEP X2 atteint 190 km/h. élle séduit Pierre Bercot, PDG de Citroën. Avec la contribution de BP, il en est alors construit vingt exemplaires. Ils sont remis à la Fédération nationale des clubs automobiles au printemps 1967. D'une façon un peu anarchique, ils évoluèrent au cours de l'année 1968 sur différents circuits. En 1969, il est demandé à René Cotton de prendre en mains les activités des MEP X2 et d'y mettre de l'ordre. Il crée un critérium national de Formule bleue (prise en compte des dix meilleurs résultats sur dix-sept courses en circuit et dix-sept courses de côte), approuvé par la Fédération française du sport automobile et richement doté. Cinquante monoplaces MEP X2 sont fabriquées. Leur prix de revient est de 24 000 F ; elles sont vendues au prix exceptionnel de 8 000 F grâce à la participation de Citroën, Michelin et Total (qui a relayé BP). Dès la création de la GS en 1970, Maurice Pezous adapte sa boîte, sa transmission, ses freins et son moteur quatre cylindres à sa monoplace, qui dispose alors de 78 ch et atteint les 200 km/h. Vingt-cinq de ces MEP X27 sont fabriquées en 1971, vingt-cinq autres en 1972, vendues sur des bases similaires à celles de la X2. Cette année-là, Marlène Cotton en peaufine encore le règlement et impose une discipline sans faille qui fait de la Formule bleue l'exemple à suivre. Des moteurs sont prélevés après chaque course et leur conformité au règlement est vérifiée et s'il le faut sanctionnée. En 1974, les courses de côte, peu prisées des concurrents, sont supprimées, en même temps qu'est annoncé pour l'année suivante l'arrêt de la formule, qui coûterait cher à ses sponsors quand il faudra financer le renouvellement des voitures. Les temps sont devenus durs. Fin 1975, après sept ans, plusieurs centaines de jeunes pilotes ont été formés à la course en circuit grâce à la Formule bleue.



Les champions de France de Formule bleue :

1969 : Roger Dubos (MEP X2) (14 victoires en circuits, 5 en courses de côte. 30 concurrents, 34 épreuves)
1970 : Alain Couderc (MEP X2) (12 victoires en circuits, 4 en courses de côte. 50 concurrents, 35 épreuves)
1971 : Hervé Labedan (MEP X2) (11 victoires en circuit, 3 en courses de côte. 50 concurrents, 37 épreuves)
1972 : Philippe Bochet (MEP X27) (182 points. 50 concurrents, 42 épreuves)
1973 : Jean-Pierre Maillard (MEP X27) (6 victoires en circuit, 3 en courses de côte. 65 concurrents, 29 épreuves)
1974 : Patrick Piget (MEP X27) (7 fois premier. 43 concurrents, 14 courses en circuit).
1975 : Philippe Jaffrennou (MEP X27) (6 fois premier. 53 concurrents, 13 courses en circuit).


Les MEP effectuent leurs débuts en course le 7 avril 1968, sur le grand circuit du Mans, ouvert ce jour là pour les essais qualificatifs des 24 Heures. Roger Dubos, chronométré à 208 km/h dans les Hunaudières ! ouvre le palmarès. Il sera aussi le premier vainqueur du Criteriumde Formule Bleue instaurée par la FFSA en 1969. La Formule Bleue, hormis le son peu mélodieux de son flat-twin, s'impose rapidement comme le complément idéal à la Formule France tant par ses performances que par les budgets exigés (8000 F pour une MEP, sotien de Michelin et Total). Avant de se "muscler" en 1971 avec la nouvelle X27 propulsée par le moteur de la Citroën GS, la Formule Bleue aura notamment permis l'éclosion de Roger Dubos (qui devait trouver la mort aux 24 heures de Spa 1973) et d'Alain Couerc qui montera jusqu'en F2 avant de devenir l'un des piliers de l'équipe WM-Peugeot au Mans.